Obscene beasts: the stage behind the scenes in A Midsummer Night’s Dream / Bêtes obscènes : la scène cachée du Songe d’une Nuit d’Eté - Université Savoie Mont Blanc Access content directly
Journal Articles Sillages Critiques Year : 2016

Obscene beasts: the stage behind the scenes in A Midsummer Night’s Dream / Bêtes obscènes : la scène cachée du Songe d’une Nuit d’Eté

Abstract

Mimesis, the art of imitating the real world on the stage, is all the more difficult if this real world consists of a beast—a wild, dangerous, supposedly “obscene” animal in the Latin sense: literally off-stage. Such is the challenge faced by the amateur company of mechanicals who are producing the love tragedy of Pyramus and Thisbe, A Midsummer Night’s Dream’s play within the play featuring a fearful lion. For all the efforts the mechanicals have engaged in the project, their rendition of the lion is such a failure that it has the on-stage spectators roar with laughter. This is a fairly convincing anticipation of Gaston Bachelard’s statement in Water and Dreams, “a ghost [a beast in this particular instance] complacently described loses its effect.” Thus, through the mechanicals’ theatrical misadventure, Shakespeare ironically includes in A Midsummer Night’s Dream a “how-not-to” guide for mimesis, a reversed mise en abyme of his own challenging conception of a play teeming with an unstageable and infinite variety of creatures great and small, wild and tame, familiar and fantastical, its presence all the more haunting as it is never staged strictly speaking. Neither staged nor completely off-scene, the bestiary of A Midsummer Night’s Dream, emblematized by the “enamel skin” shed “there” by the elusive “snake” (2.1.254), is featured on a subliminal and simultaneous scene, a sub-stage as it were, an Other Scene, involving humankind in a liminal confrontation with its own animality. This paper aims to explore the strategies—whether rooted in the Elizabethan worldview, or amazingly modern—through which Shakespeare stages this inward confrontation, while involving us in vertiginous reflexions on the theatre.
Mettre en scène une bête sauvage, « ob-scène » au sens latin (hors scène, rejetée comme irreprésentable) est une périlleuse entreprise. C’est pourtant le défi que se lance une troupe d’amateurs pour jouer devant la cour de Thésée, duc d’Athènes, la tragédie gréco-romaine de Pyrame et Thisbé, pièce dans la pièce du Songe d’une nuit d’été, dont une scène clé nécessite l’apparition d’un lion féroce. Hélas ! En dépit du grand soin porté par la troupe aux répétitions et à la fabrication des costumes, la représentation, et plus particulièrement la scène du fauve, est un désastre qui fait rugir de rire l’assistance. Il s’agit là d’une démonstration prophétique de ce que Bachelard écrira bien plus tard dans L’Eau et les rêves: « Un fantôme [en l’occurrence un fauve] qu’on décrit avec complaisance est un [fauve] qui cesse d’agir ». Par le biais de Pyrame et Thisbé, Shakespeare insère donc une mise en abyme inversée et ironique de sa propre pièce, Le Songe, où se bouscule une foule d’animaux qui, eux, n’ont rien de ridicule : bestiaire fascinant jamais en scène à proprement parler, non plus que tout à fait hors-scène, à l’instar du serpent (« she », féminin dans le texte original) dont n’est donnée à voir que la « peau émaillée » dont il « s’est dépouillé » (2.1). C’est donc sur une scène parallèle et subliminale, une Autre Scène, qu’évolue le bestiaire infiniment varié du Songe, et que se joue une confrontation sous-jacente entre l’humain et l’animal qui est en lui. Il s’agit ici d’analyser quelques stratégies — qu’elles soient conscientes ou purement intuitives, ancrées dans leur temps ou étonnamment modernes — par lesquelles Shakespeare met en scène, dans Le Songe, cette confrontation intime, en même temps qu’il nous plonge dans de vertigineuses réflexions sur le théâtre.
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Dates and versions

hal-02867855 , version 1 (15-06-2020)

Identifiers

  • HAL Id : hal-02867855 , version 1

Cite

Mathilde La Cassagnère. Obscene beasts: the stage behind the scenes in A Midsummer Night’s Dream / Bêtes obscènes : la scène cachée du Songe d’une Nuit d’Eté. Sillages Critiques, 2016, Bêtes de scène / Animals on the stage, 20, pp.17. ⟨hal-02867855⟩
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