La Part de l'égyptologie dans les origines scientifiques du Muséum d'histoire naturelle de Grenoble (1773-1855)

Résumé : Né dans la deuxième partie du XIXe siècle, le Muséum d'histoire naturelle de Grenoble est l'héritier des anciens cabinets de curiosités rassemblés par les Dauphinois au cours des deux siècles précédents. Les collections du Muséum révèlent aujourd'hui le double intérêt manifesté par les Dauphinois du XVIIIe et du XIXe siècles pour les collections alpines et pour les collections exotiques tout à la fois. A l'intérieur de ce double aspect qui constitue déjà l'originalité des collections grenobloises, trois axes principaux peuvent être dégagés : collections alpines de botanique, collections alpines de minéralogie et collections exotiques liées aux explorations maritimes des navigateurs dauphinois. Si ces trois axes principaux appartiennent au domaine classique des collections des musées d'histoire naturelle, une constante a cependant traversé à Grenoble toute la longue genèse du Muséum de 1773 à 1855: l'intérêt majeur pour l'Egypte. De l'égyptophilie à l'égyptologie, cet intérêt pour l'Egypte à Grenoble a en effet constitué un élément moteur sans lequel l'histoire de l'actuel Muséum de Grenoble ne s'écrirait point. Il a puisé ses racines dans l'héritage des cabinets de curiosités et a servi de propulseur dans la poursuite de la constitution de collections exotiques. Il est l'un des éléments qui auront permis à l'institution grenobloise d'évoluer d'un cabinet d'histoire naturelle en un muséum. Il lui aura permis d'aboutir en 1851 à la construction des bâtiments du nouveau Muséum d'histoire naturelle de Grenoble, tel que nous le connaissons aujourd'hui. Ces bâtiments ont servi à abriter les collections étrangères affluées en masse tout au long du XIXe siècle, dont les collections égyptiennes du chirurgien d'origine grenobloise Clot-Bey. Les nombreuses collections exotiques du XIXe siècle ne sont pas parvenues de abrupto au Muséum d'histoire naturelle de Grenoble. Elles ont pris la suite d'une longue tradition grenobloise qui puisait son inspiration en Orient : l'intérêt manifesté par les Antonins pour l'Egypte, terre d'où avaient été rapportées les reliques de saint Antoine, le legs de leur cabinet de curiosités, les associations au Caire et à Alexandrie de l'Académie delphinale, les travaux des égyptologues Fourier et Jean-François Champollion, enfin les envois de Clot-Bey pour le cabinet d'histoire naturelle de sa ville. Elles furent à l'origine des collections égyptiennes du Muséum d'histoire naturelle de Grenoble. A l'avènement du Muséum en 1850, le conservateur Hippolyte Bouteille leur adjoignit avec profit les collections arrivées en dons à partir de 1837. Ses successeurs maintinrent son héritage et poursuivirent ses efforts jusqu'en 1889. Nous conclurons sur l'importance du Fonds Champollion déposé aux Archives Départementales de l'Isère, qui nous aura permis d'établir que des liens avaient été tissés dès 1810 à Grenoble entre naturalistes et « égyptologues ».
Type de document :
Communication dans un congrès
IXe Congrès International des Egyptologues, 2004, Grenoble, France. Peeters (Louvain, Belgique), pp.1611-1612, 2007
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Contributeur : Joëlle Rochas <>
Soumis le : jeudi 3 décembre 2009 - 12:42:45
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:20:37

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Joëlle Rochas. La Part de l'égyptologie dans les origines scientifiques du Muséum d'histoire naturelle de Grenoble (1773-1855). IXe Congrès International des Egyptologues, 2004, Grenoble, France. Peeters (Louvain, Belgique), pp.1611-1612, 2007. 〈hal-00438334〉

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